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Août 05 2011

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Noeuds, par Christopher Sanchez

Pas de relâche en ce mois d’août pour les Vases communicants, ce premier vendredi du mois, quand blogueurs,  auteurs, écrivains, échangent leurs blogs le temps d’un billet. A l’honneur ce mois-ci, le prolifique Christophe Sanchez et son extraordinaire blog Fut-il ou versa t’il dans la facilité. Mon billet un peu spécial intitulé “Noeud” y est accueilli. La liste des autres échanges se trouve ici.

Elle tourbillonnait toujours sur sa tête des milliers de pensées en accroche-cœur. Petite fille au regard sage, elle était tombée en moins d’années qu’il ne faut pour l’écrire dans un corps de jeune femme, étrangère à elle-même, bouleversée dans une chair mouvante, dans un tout modifié dont elle n’avait même pas rêvé l’existence. Des âmes cupides au changement pubère, telles des électrons saisis de l’atome, ne tardèrent pas à lui tourner autour, beaucoup trop autour. Ces esprits happés par la convoitise lui faisaient mille risettes, sourires en cœur, bouche molle et salive en coin, attirés qu’ils étaient par les rondeurs et autres saillies charnelles qu’elle affichait bien malgré elle.

 

Au-dedans, rien de comparable. Son corps en trahison, un corps trop vite devenu grand, ne ressemblait en rien à ce qu’elle était vraiment. Ne subsistaient en elle qu’incompréhension de mise pour battements incontrôlés et apparence trompeuse de la jeune fille en fleur, otage de son enveloppe trop vite décachetée. Elle, c’était encore de l’enfance qu’elle roulait dans ses cheveux blonds ondulés. Prise en chasse des regards audacieux, elle répondait, statique poupée de porcelaine transie d’effroi, par un index rouleau qu’elle vissait longuement dans une de ses mèches. Nerveusement, l’œil circonspect et les pieds en triangle, elle tricotait ses angoisses devant le mâle en arrêt, s’aidant de son ongle pour s’accrocher à elle, la petite, toujours petite, et jouant de ses phalanges acrobates pour tisser ses boucles, rondes pures d’innocence. Ainsi d’un cheveu, elle croisait l’espoir que la gêne face à l’intrus enfin la délaisse et autour d’un seul doigt retenait là l’enfant qui s’évanouissait sous les œillades indiscrètes. Elle tournait si vite que de ses fils d’or elle faisait des nœuds, de gros nœuds de paille entre ses croches rebondies. Son index alors prisonnier jusqu’à la racine, la parade de la petite était terminée ; garde tombée, elle décochait un œil oblique et humide à son charmeur et laissait monter sur ses joues le rouge de la honte.

 

La fille aux cheveux blonds, par RalinetteLa fille aux cheveux blonds, par Ralinette

 

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